Amitié et monoparentalité : les liaisons dangereuses

Amitié et monoparentalité : les liaisons dangereuses

 amitié dangereuse double visage

Une amitié dangereuse on en rencontre au moins toujours une au détour d’une vie monoparentale. Bien vite, on la relègue dans un coin de notre mémoire, pour ne pas écorner notre image de parent responsable. Pourtant, apprendre à y voir clair en amitié est le début de la maturité affective. Les aléas de la  monoparentalité, en mettant sur notre chemin pléthore d’amies qui ne le sont pas, sont de ce point de vue, assez formateurs !

J’ai testé deux sortes d’amitiés dangereuses, très répandues sur tout itinéraire monoparental accidenté (désert familial, précarité, séparation houleuse…). Je me permets de dresser donc ainsi le portrait de deux guets-apens ambulants !

Amitié dangereuse N° 1 : La Sainte victime solo

Cette pseudo copine, grande écorchée de la vie est l’amitié dangereuse que l’on rencontre par excellence quand on est au plus bas. Car cette copine se porte volontiers solidaire de toutes celles en proie à une séparation compliquée. Et pour cause, elle ne s’est pas remise de la sienne. Loin d’être pathétique, elle est au contraire avenante et souvent jolie. Raison pour laquelle on ne se méfie pas, et pourtant…

La copine solo en veut toujours au beau salopard qui l’a bien eue, refusant obstinément d’enterrer la hache de guerre avec lui. Elle sort pourtant invariablement vaincue de leurs bagarres au long cours mais n’en a cure : elle aura sa revanche un jour. Le problème se corse quand elle nous demande notre aide, car, avant de récolter des emmerdes qui ne sont pas les nôtres, mieux vaut se méfier AVANT de cette amitié dangereuse.

En fait d’être une victime de son ex, de l’amour, de ses collègues, de sa mère, de ses gosses et de son poisson rouge, cette copine est surtout victime d’elle-même. La preuve ? Le beau salopard dont elle nous rabat les oreilles, c’est bien elle qui s’y accroche !!!

Une bonne raison pour lui répondre qu’on a du lait sur le feu quand elle appelle le dimanche après-midi. À moins d’avoir envie de se faire gentiment vampiriser jusqu’ à 19h… Une très mauvaise idée quand notre gamin(e) est chez son père et que l’on aurait pu, enfin, décompresser !
Car cette amitié dangereuse révèle vite son vrai visage : celui d’un vampire énergétique, qui fait fuir tout entourage. Mais pour elle, ce sont les autres les coupables, normal : elle est victime.
Quand elle collectionne les rencontres improbables sur des sites de rencontres bidon non plus, ce n’est pas de sa faute. D’ailleurs, elle a “tout arrêté” qu’elle vous dit… jusqu’au prochain rendez-vous… mais c’est pas de sa faute, of course.

D’aucun me répondrait qu’il est facile de repérer ce genre d’amitié dangereuse et de l’éviter facilement. Faux, car la loi de l’attraction la placera sur notre chemin quand nous sommes justement au plus mal.  C’est ainsi, la sainte victime solo est un test ! Méfions-nous de son invitation à venir ramer dans la galère à plusieurs, sous prétexte d’y avoir plus chaud… À y bien penser, c’est une idée fort suspecte de l’amitié. Certes, il faut lui reconnaître un mérite : celui de nous ouvrir les yeux sur les vertus d’un égoïsme intelligent et bien ordonné…

 

Vampirette amitié dangereuse

Amies…pour la vie !!!!

Fausse amie N° 2 : La copine solo flemmarde

Elle est souvent tellement sympa qu’on en regrette qu’elle ne soit qu’une grosse flemmarde, mais c’est ainsi et l’on n’y changera rien. Toute attachante et insouciante qu’elle soit, la copine solo flemmarde est bien, en effet, une amitié dangereuse de taille !

À première vue, cela n’a pourtant rien d’évident. La copine flemmarde vit comme un petit oiseau sur sa branche, en gratouillant tout l’été sur sa mandoline la mélopée de ses amours envolées. Quelquefois, elle nous fascine par la désinvolture de ses passes temps : embrasser des furby fluo, visionner des vidéos de chats et s’enfiler des glaces tout l’aprem sur son canapé. Mais on ne lui en veut pas, car on sait qu’elle fuit vainement son quotidien peu reluisant dans des futilités de femme enfant.

Toujours partante pour une virée ou une bonne bouffe, la copine flemmarde sera aux abonnés absents en cas de coups dur. Car il ne faut jamais déranger une copine flemmarde pendant la finale de « The Voice ».
Quand on lui parle boulot, la copine flemmarde soupire et vous révèle son handicap du petit doigt. D’ailleurs, elle se sent un peu trahie quand vous acceptez un nouveau job, et ne comprend rien à la pression et au stress.

Car c’est bien là qu’est le hic : cette amitié dangereuse est soit  sponsorisée par sa famille depuis des lustres, soit jouit d’une pension alimentaire pour tenir un siège jusqu’à la Saint GlinGlin… D’ailleurs, pourquoi s’inquiéter, une copine flemmarde ne désespère jamais de l’avenir et de trouver un jour l’homme de ses rêves : beau, jeune et riche. Comment ça, c’est du délire ? Et si je vous dis que sa voyante lui a prédit !

amitié dangereuse

Furby pour la vie !

      

Travailler est le meilleur moyen de prendre ses distances avec la copine flemmarde. Moins tentaculaire que la copine victime, son amitié est tout aussi dangereuse. Prenez garde à la joyeuse pagaille qu’elle traîne derrière elle et qui vous assomme dans un tourbillon de futilités. Si l’on n’y prend garde, cette sirène nous prend au piège de son chalut de paresse pour nous entraîner vers les bas fonds de la galère ! Adieu : efforts, objectifs, succès… Les difficultés d’une vie monoparentale sont sans appel à ce niveau et nous contraignent à fuir le rêve éveillé de cette amitié dangereuse.

Des amitiés de fortune dans une vie monoparentale, il s’en rencontre encore de nombreuses : chacune a connu les siennes. Par un jeu d’opposition, elles m’ont aidé à reconnaître les vraies amies.
Car une vraie amie nous fréquente par choix, et non par désœuvrement. Elle partage ses joies, ses bonnes idées et aime mettre le nez dehors. Elle ne vous affuble pas de cadeaux exagérés ou de bracelets d’amitié passés la quarantaine ! Bref, elle a un brin de maturité. En plus, elle est capable de dépanner en cas de pépin. Et pour cause, elle a eu aussi souvent sa part de galère et connait le prix de l’indépendance.

Pourtant je l’avoue, je ne renie pas mes amitiés dangereuses: copines maso, parano ou mollassonnes. Car elles font partie des grandes heures de mon parcours monoparental. D’ailleurs, ce sont certainement d’elles que j’ai le plus appris, notamment pour éviter les chemins de traverse.

 

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