Amitié et monoparentalité : les liaisons dangereuses

Amitié et monoparentalité : les liaisons dangereuses

 liaisons dangereuses

On a toutes croisé à un moment ou un autre de notre vie monoparentale, des amitiés dangereuses. Bien vite, on les a reléguées dans un coin de notre mémoire pour ne pas écorner notre image de parent responsable  Pourtant, apprendre à y voir clair en amitié est le début de la maturité affective.
Les aléas de la  monoparentalité, en mettant sur notre chemin pléthore d’amies qui n’en sont pas,  sont un terrain d’expérience de choix.

J’ ai testé deux sortes d’amitiés dangereuses, très répandues sur tout itinéraire monoparental accidenté ( désert familial, précarité, séparation houleuse…)
Voilà comment on les repère ( rapidement), les éloigne ( en douceur) et  comme on s’aperçoit vite qu’elles sont de vrais guet-apens.

 

La Sainte victime solo

Grande écorchée de la vie, on la rencontre au plus profond de la mouise. Car cette copine se porte volontairement solidaire de toutes celles en proie à une séparation compliquée. Et pour cause, elle ne se remet pas de la sienne. Loin d’être au premier abord pathétique, elle est au contraire avenante et souvent jolie. C’est ce qui lui a valu de se faire avoir par un beau salopard  et de n’en être pas sortie indemne. Refusant d’enterrer la hache de guerre avec lui, ils poursuivent  leurs joutes épuisantes, dont elle sort inlassablement vaincue.
Et là, attention à l’empathie, car pour faire la guerre, il faut être deux.
Est-ce que les copines victimes ne l’oublient pas un peu vite en confondant leurs misères avec de l’innocence ? En fait d’être une victime de l’amour, de ses collègues, de sa mère, de ses enfants, de son poisson rouge… cette copine est surtout victime d’elle- même. La preuve ? Le beau salopard dont elle nous rabat les oreilles, c’est bien elle qui en est toujours accro.

Une bonne raison pour lui répondre qu’on a du lait sur le feu quand elle appelle le dimanche après-midi. A moins d’avoir envie de se faire gentiment vampiriser jusqu’ à 19h… Une très mauvaise idée quand notre gamin(e)  est chez son père et que l’on aurait pu, enfin, décompresser !
Car cette copine victime est un véritable vampire énergétique, ce qui fait fuir son entourage. Mais pour elle, les autres sont toujours les coupables. C’est normal : elle est victime.
Quand elle collectionne les rencontres improbables sur des sites de rencontres bidon non plus, ce n’est pas de sa faute. D’ailleurs elle a “tout arrêté” qu’elle vous dit… jusqu’au prochain rendez-vous. Quant à son ex, bien vite, elle demandera de l’aide pour leur prochain round, Par exemple par un témoignage : et là, attention à l’engrenage. Car avant de  récolter des problèmes qui ne sont pas les nôtres : mieux vaut s’interroger avant. Du moins si nous n’avons pas besoin d’emmerdes supplémentaires !
D’aucun me répondraient qu’il est facile de repérer ce genre de copines et de les éviter naturellement.
Faux, car la loi de l’attraction la mettra sur notre chemin quand nous allons justement au plus mal.  Quant à son invitation à ramer dans la galère à plusieurs – pour y avoir plus chaud – c’est une idée de l’amitié fort suspecte. Mais elle a le mérite de nous ouvrir les yeux sur les vertus d’un égoïsme intelligent et bien ordonné…

Amies...pour la vie !!!!

 

La copine solo flemmarde

Elle est souvent tellement sympa qu’on en regrette qu’elle soit flemmarde, mais ç’est ainsi et l’on n’y peut rien. Pourtant, son insouciance et sa légèreté sont attachantes.
La copine flemmarde vit comme un petit oiseau sur sa branche. en gratouillant tout l’été sur sa mandoline la mélopée de ses amours passés. Quelquefois elle nous fascine par la désinvolture de ses passes temps : faire bisou à des furby fluo, visionner des vidéos de chats et s’enfiler des glaces tout l’aprem sur son canapé. Mais on ne lui en veut pas, car on sait qu’elle fuit vainement une réalité trop sombre dans sa petite vie de femme enfant.
Toujours partante pour une virée ou une bonne bouffe elle sera aux abonnés absents en cas de coups dur. Car il ne faut jamais la déranger devant un épisode des « experts Miami ».
Quand on lui parle boulot, la copine flemmarde soupire et vous révèle son handicap du petit doigt. D’ailleurs elle se sent un peu trahie quand vous acceptez un nouveau job, et ne comprend rien à la pression et au stress. Normal, les copines flemmardes sont parfois sponsorisées par la famille  ou jouissent d’une pension alimentaire qui leur permettent de tenir un siège jusqu’à la Saint GlinGlin… D’ailleurs, pourquoi s’inquiéter, elles ne désespèrent jamais de l’avenir et de trouver un jour l’oiseau rare : jeune, beau et riche. Comment ça, c’est du délire ? Et si je vous dis que leur voyante leur a promis !
Travailler est le meilleur moyen de prendre ses distances avec la copine flemmarde. Moins tentaculaire que la copine victime, elle est pourtant aussi dangereuse. Elle peut squatter votre vie très gentiment avec sa joyeuse pagaille. Entrainée dans son tourbillon de futilités on  relâchera vite nos efforts pour nous éloigner de plus en plus de nos objectifs.
Les difficultés d’une vie monoparentale sont sans appel à ce niveau et nous contraignent à fuir celle belle endormie. Sous peine de voir notre vie se transformer en rêve éveillé auprès de cette sirène, traînant derrière elle son chalut de paresse, pour nous drainer tout droit vers les bas fond de la galère…

 

Un petit bisou ?

 

Des amitiés de fortune dans une vie monoparentale, il s’en rencontre encore de nombreuses : chacune a connu les siennes.Par un jeu d’opposition, elles m’ont aidé à différencié les fausses amies des vraies.
Car les vraies amies nous fréquentent par choix, et non par désœuvrement. Elles partagent leur joie, de bonnes idées et aiment mettre le nez dehors. Elles ne vous affublent pas de cadeaux exagérés ou de bracelets d’amitié, mais sont capables de dépanner en cas de pépin. Elles ont eu pour beaucoup aussi leur part de galère et connaissent le prix de l’amitié et de l’indépendance.

Pourtant je l’avoue, je ne renie pas mes amitiés dangereuses: copines maso, parano ou mollassonnes. Car elles font partie des grandes heures de mon parcours monoparental.

Ce sont certainement d’elles que j’ai le plus appris, notamment à éviter les excès en tous genres et du danger des chemins de traverse.

 

 

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