Mamans solo : mais pourquoi on dérange comme ça ?

Mamans solo : mais pourquoi on dérange comme ça ?

Plus encore que les contraintes quotidiennes, le regard des autres a tendance à peser lourd sur les épaules des mamans solos.  Qu’elles soient en galère ou à l’aise économiquement, il est un point où toutes s’accordent : le manque de reconnaissance sociale. Etre mamans solos, c’est trop souvent entendre des hululements sinistres  « Oh, lala, oh ma pOOOvre… » qui nous filent la nausée.  Oui, les mamans solos dérangent ou font peur, pour un tas de raison.  Mais qui a peur des mamans solos ? Allez, allez, montrez-le votre vilain nez !vilain nez

 

       Les psychologues de bazar

Peu de psychothérapeutes s’intéressent vraiment à la monoparentalité. En revanche, les discours psychologisants à 2 balles sur les mamans solo ont la côte. On les croise facilement sur le web au détour d’articles bourrés de préjugés. Exemple basique : les mères seules donnent une mauvaise image de la famille aux enfants, car elles ne savent pas comment marche un couple.
Même si elles reconstruisent leur vie avec un autre partenaire.
Même si elles sont tout simplement plus sereines ainsi que mal accompagnées.
Non, elles sont seules, donc « il leur manque quelque chose ». Mais quoi, au fait ? M’est avis encore que c’est du côté du Dr Freud qu’il faut chercher l’origine du problème… pauvre mère solo, obligées de survivre sans phallus. Un facteur de plus qui les pousserait au suicide, non?

Dans le même registre : les mères seules peinent à élever des enfants qui  deviendront instables, toxico, délinquants… Certes, l’absence de père est une pénalité, mais de là à pousser le misérabilisme jusqu’à confondre monoparentalité avec fin de civilisation, il y a un pas… ou un gouffre.
Car, non, nous ne vivons pas dans des grottes, vêtues de peaux de bêtes ! Quand vient l’heure du repas, on ne saute pas joyeusement sur une antilope en arrachant la part du petit frère  (si, si, des fois, mais pas plus qu’ailleurs… !!!)
Je caricature à dessein, car je le pense : il y a dans la bouche de certains bien-pensants des discours sur la monoparentalité qui trahissent un ridicule profond.
Les épreuves resserrent souvent les liens dans une famille monoparentale et le respect et les prises de conscience qui en naissent sont très forts. Alors, penser qu’il ne peut y avoir d’autorité ou d’éducation valable en foyer monoparental, relève surtout d’un problème d’ouverture, voir d’un refuge des mentalités dans une image d’Epinal de la famille traditionnelle.

 

Les habitants du BISOUNOURS LAND :

Les pères qui foutent le camp, abandonnant toutes responsabilités et ignorant le sens du mot pension alimentaire n’existent plus aujourd’hui.
Ou plutôt on ne veut plus ni les voir, ni en entendre parler.
Depuis que leur  (très !) haut sens des responsabilités ont poussé quelques pères à se percher sur des grues, l’antique peur de la mama castratrice, et voleuse d’enfants refait surface. L’image du père moderne devient celle d’un chevalier au grand coeur, quand les mères elles, ne s’évertuent qu’à séquestrer leur couvée.
Or,  on a cru trop vite aux promesses des pubs Pampers car l’on sait que tous les hommes sont encore loin de mettre la main à la couche dans les faits ! On a adopté un peu vite aussi l’image romantique du beau mec musclé, tenant bébé dans les bras : sentimentalité candide qui a fait fleurir les fantasmes.
Alors les pauvres mères solo dans tout ça ont l’air bien ternes. Seules, fauchées et  privées – comme noté plus haut- du saint Graal que représente un phallus dans leur vie, elles font figure de grosses mères poules confites dans leurs idées étroites. Après tout, ne seraient-elles pas aussi un peu frustrées, car devenues inutiles et dépassées, au royaume des pères maternants. La preuve ? Rocco Sifredi ne trouve même pas de poste comme baby sitter. Nous devons aussi être un peu bornées en matière de reconversion professionnelle !

 

Enfin les hommes ou plutôt les femmes ?

Contrairement à beaucoup d’idées reçues, je ne suis pas si sûre que les hommes soient  effrayés par les femmes qui ont des enfants. En revanche, sur le plan social, il est plus difficile de lier amitié avec d’autres femmes en couple, qu’avec d’autres mamans solos. On est hors norme, soit, mais ne soyons pas trop crédules: on est aussi un potentiel danger pour celles n’ayant pas une confiance aveugle en elle-même. Ironie de la situation : elles jouent souvent les Cerbères autour de mecs dont on ne voudrait même pas (ou surtout pas) pour une nuit !

Décidément, le statut de mère solo éveille beaucoup de suspicions. En fait de nos folles nuit passées à danser et draguer on aimerait échanger nos nuits blanches, nos factures impayées et nos copines qui pleurent le soir au téléphone contre une autre vie !
Mais c’est ainsi, les clichés ont la vie dure et ceux qui sévissent sur les mamans solos ont un mérite. Celui de nous éclairer sur la difficile acceptation des femmes qui décident de s’assumer sans homme et de se déterminer dans une société dont les mœurs se sont émancipés, il y a bien longtemps… Mai 68 : 50 ans bientôt.

Car aujourd’hui, et en ces temps de crise et de repli des mentalités, comme le dit la chanson, et pour conclure en musique : « Non les braves gens n’aiment pas que… l’on suive une route qu’eux… »

 

Vous vous attendez à entendre maintenant le grand Geogeo nous pousser la chansonnette,  Que nenni, honneur aux dames et écoutons la grande Janis, une femme qui me touche quand j’ai le blues… une femme libre comme je les aime !

 

 

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