“Maman achèèèèèète” ou le syndrome de la maman pélican

“Maman achèèèèèète” ou le syndrome de la maman pélican

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Une maman solo fauchée ne peut pas se permettre d’être une maman pélican. Car quand l’on a appris à ne plus s’accrocher à son confort pour vivre le poids des caprices enfantins nous empoisonne vite.
De fait, notre budget ric rac nous fait parfois nous sentir riches. Quand l’on revient à la maison pourvue d’un énorme pot de confiture, déniché à  2euros 50 seulement ! Mais les enfants eux, s’en moquent car ils ont les yeux plus grands que le ventre. Alors, si l’on obtempère passivement à tous leurs caprices, on risque de tirer la langue très vite…

Résister au grand cri universel et terrible du « Maman, Achèèèète …. » m’a personnellement demandé des ressources pour échapper aux chantages de ma vampirette. Un petit plan de bataille que j’expose ici en quelques points :  

 

  • Rationnement du Nutella :

Si l’emblématique pot trônait jadis sur la table, quasiment indéboulonnable, j’ai fini par m’en débarrasser. Parce que cette chose, c’est cher, pas si bon que ça, et on le sait, bourré d’huile de palme pas très écolo. Certes, je n’écrirai jamais de billet sponsorisé pour Ferrero, bon, soit…
En attendant,  toutes les occasions étaient bonnes pour taper dans le pot sacrilège, dont mon Gargantua usait et abusait à chaque occasion.  Jusqu’au jour où me vint une idée lumineuse : acheter le PETIT pot ( et le moins cher …).
Car un petit format ne donne plus cette sensation d’illimité et contraint à restreindre un peu ses appétits de goinfre. Une façon de comprendre que l’on n’a pas besoin de 3 cuillères et de 5 bouches pour aimer les bonnes choses. Du coup, ma fille s’en est désintéressée petit à petit. En plus, gagnée à la cause de la disparition des ours polaires par sa maîtresse, maintenant elle grogne si il n’y a que  « ce gros Nutella tout gras « au petit dej !

 

  • Différer les achats importants mais pas obligatoires

    Cela a commencé avec : « Quand est-ce qu’on aura une maison, avec une piscine et 2 toboggans ? ». De la voir si confiante m’a dissuadée de lui asséner une douche froide, du genre : «  Non , mais tu crois quoi, toi : que la vie c’est Dallas, et que moi, ta mère, j’ai les fringues et le brushing de Sue Helen, hein, c’est ça ??? ».  J’ai préféré au contraire l’optimisme et obtempérer à ses rêves car oui, un jour, peut-être,  on l’aura notre maison avec des tuiles bleues et des vallées d’hortensias plein les yeux… Du coup, cela m’a malicieusement inspirée lorsqu’elle me réclame des choses au-dessus de mes moyens. Oui, c’est possible, mais dans l’immédiat, on se débrouille sans…. Là, le début de l’apprentissage entre « superflu et nécessaire » commence, ou comme diraient les psys: l’éducation de la frustration. La vie est mal faite, mais c’est ainsi. Car on doit choisir entre acheter la collection entière des “Légendaires” ou remplir le frigo. Même si la consommation boulimique de cette BD peuplée de viriles créatures de l’espace nourrit l’imaginaire de ma fille… au point d’ailleurs d’en devenir une véritable toxicomanie. Et zut, je retombe encore sur des problèmes d’argent, car je n’ai pas les moyens de financer cette addiction…

  • Ne plus prendre sa mère pour le tiroir-caisse

Car je ne suis pas la seule en capacité de satisfaire les désirs et les envies de cette princesse tyrannique. Son père par exemple, même s’il ne paie que 30 euros de pension alimentaire par mois, pourrait nous montrer la couleur de ses billets plus souvent. Oui, oui, ça sent un peu le contentieux tout ça, mais pourquoi les mères se sentiraient-elles les seules responsables des joies et des peines d’un enfant ? Dans un monde où les pères ont les mêmes droits, le montant ridicule des pensions alimentaires laisse penser que l’on a oublié que leur rôle AUSSI est de donner. Car être maman poule en solo, c’est déjà  dur. Mais s’il faut muter maman pélican, cela devient du suicide.

 

  • Apprendre à faire ses comptes !

    Bon nous, en tant que maman solo on a l’habitude : raison de plus pour l’apprendre à nos têtes folles. Il y a plusieurs façons de s’y prendre. Le déclic a eu lieu avec ma nymphette en faisant une brocante.  Car, quand elle a constaté qu’on ne tirait pas un clou de la vente de ses vieux joujoux, l’expérience s’est révélée instructive. Elle s’est mise à regarder d’un autre œil les euros de sa tirelire et maintenant, elle les pèse et les soupèse.  Elle a même développé un sens des affaires bien à elle en instaurant un accès payant sur la porte des toilettes. Pour la grosse commission : payer 2 euros et pour la petite, seulement un.  Comme jadis dans le métro, me voilà obligée de resquiller dans ma propre maison.

    Cela m’apprendra à croire que je pouvais échapper si facilement à la dictature du «  Maman Achèèèèète !!!!! »
    Car en essayant d’inculquer l’honnêteté à ma fille, je me retrouve avec la mafia à la maison. 
    Je le dis et je le répète : on se fait vraiment suer en tant que mère à vouloir toujours trop bien faire !

     

     

              Et maintenant musique ! Pourquoi on ne l’aurait pas notre maison            bleue avec tous les rêves du MON– DE…  et finis les problèmes de sous   !

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